Comment récolter le miel de ses essaims ?

Le moment de la récolte est arrivé ! C’est l’aboutissement des longs efforts fournis tout au long de la saison par les abeilles et l'apiculteur. 

Un bon apiculteur doit savoir quand et comment récolter son miel. Cet article a pour but de vous donner les clés qui vous permettront d’effectuer correctement cette récolte.

Le bon moment pour la récolte de miel de ses ruches 

Le plus souvent, la récolte est à effectuer à la fin de la miellée afin de ne pas perturber les colonies au moment où leur travail est le plus rentable et surtout pour réaliser des miels monofloraux. 

Selon le miel que l’apiculteur veut obtenir la récolte se fera une ou plusieurs fois dans l’année.

On attend que le miel soit arrivé à maturité, c’est-à-dire operculé, quand la proportion d’eau dans le miel est d’environ 18 %. En général, un cadre operculé au ¾ est également bon pour être récolté. Cependant, quand une autre miellée commence, vous pouvez récolter le miel et faire sécher vos hausses avec un déshumidificateur.

A l’inverse, si vous constatez que votre hausse est pleine et suffisamment operculée vous pouvez récolter, même si la miellée n’est pas terminée. 

Il est conseillé d’effectuer les récoltes par jour de beau temps. Pour que les abeilles reviennent rapidement au calme, vous pouvez récolter en fin de journée ou début de soirée. 

Cette opération est une des plus compliquées et l’apiculteur doit veiller à travailler prudemment et en toute sécurité.

 Recommandations générales pour la récolte du miel :

En amont de la récolte : 

Ne pas oublier d’utiliser une grille à reine ! Cette grille est à poser sur le corps de votre ruche avant l’ajout de votre première hausse (les hausses suivantes seront à poser sur cette première hausse). Cela vous assurera que la reine ne monte pas dans les hausses et que ces dernières ne contiennent pas de ponte. Aussi, cela vous évitera de perdre votre reine lors de la récolte.  

Les cadres contenant le miel ne doivent pas avoir été en contact avec des traitements contre le varroa. 

Vous ne devez pas nourrir la colonie pendant la miellée. Il est conseillé d’éviter d’installer les ruches à proximité d’industries manipulant du sucre ou des déchets sucrés. 

Lors de la récolte : 

On ne récolte que le miel contenu dans les hausses, en laissant les réserves du corps. 

La récolte du miel s’effectue lorsque les cadres sont bien operculés, sans couvain ni pain d’abeille.

Les hausses et les cadres ne doivent pas être posés sur le sol, ni entrer en contact avec la terre. Il y a un risque de botulisme.

Il convient de faire un usage modéré de la fumée, et de bien choisir son combustible afin de ne pas modifier la qualité des miels. 

Une fois la récolte effectuée : 

Les hausses et les cadres doivent être stockés à l’abri du pillage et de la chaleur. 

Si le miel est trop humide il faut sécher dans une pièce avec un déshumidificateur jusqu'à avoir un miel a moins de 18 % d'humidité.

Le miel doit être extrait des cadres. 

 Les différentes techniques de récolte du miel : 

 Au chasse-abeilles :

L’utilisation d’un chasse-abeilles permet de réduire le nombre d’abeilles présentes dans les hausses au moment de la récolte. 

En effet, les chasses-abeilles permettent la circulation des abeilles seulement dans un sens :  les abeilles qui se situent dans la hausse au moment de la pose du chasse-abeilles peuvent descendre dans le corps, tandis que celles qui se trouvent dans ce dernier ne peuvent monter dans la hausse.

Cette technique garantit donc une utilisation moindre de l’enfumoir, mais elle présente implique d’effectuer deux interventions sur les ruches au lieu d’une puisque le chasse-abeilles doit être placé au moins six heures avant la récolte. Il est préférable de le placer le soir pour une récolte le lendemain matin. 

Cette technique peut être combinée avec l’utilisation du souffleur pour enlever les quelques abeilles restantes sur dans la hausse afin de leur éviter de mourir en miellerie.

Au souffleur :

Cette méthode de récolte est plus souvent utilisée par les professionnels que par les amateurs. Il faut légèrement enfumer la hausse afin de ne pas donner du goût au miel puis utiliser le souffleur pour enlever les abeilles. Pour ce faire, mettez la hausse en position verticale et souffler sur une des faces puis sur la seconde. Le souffleur va permettre de chasser les abeilles et vous pourrez emporter la hausse pour récupérer le miel. Il faudra être rapide et efficace. 

Cadre à cadre :

Cette méthode étant la moins rapide, elle est surtout valable quand vous détenez peu de colonies. C’est aussi celle qui va nécessiter que vous utilisiez le plus votre enfumoir.

Vous devez disposer une hausse vide et y isoler les cadres récoltés. Cadre par cadre, ôtez les abeilles restantes par brossage avec une balayette (à poils souples pour ne pas les blesser) ou en secouant le cadre. Pensez à enfumer légèrement.

 Organisation de votre miellerie et hygiène :

 La miellerie :

Une fois récolté les hausses doivent être conservées dans un local sec présentant un taux d’humidité inférieur à 60 % (vous pouvez pour cela utiliser des déshumidificateurs). 

Préférez utiliser du matériel en acier inoxydable. Le plastique est certes plus abordable, mais pensez à votre impact écologique et sanitaire.

L'installation électrique doit également répondre aux normes en vigueur du nettoyage à grandes eaux. Vous devez également avoir assez de points de raccordements pour vos appareils électriques.

Afin d’éviter les vibrations, votre matériel  devra être installé de manière stable, en particulier votre extracteur. Veillez à organiser un circuit logique de chaque éléments (hausses, maturateur, extracteur, bac à désoperculer…) à l’intérieur de votre miellerie pour un travail efficace, sécurisé et propre.

Pensez à vérifier le bon état de fonctionnement de votre matériel avant de faire votre récolte afin d’éviter les mauvaises surprises !

 L’hygiène :

La loi impose aux apiculteurs qui commercialisent leurs produits de mettre sur le marché des aliments sains, c’est-à-dire sans danger pour le consommateur. L’apiculteur est libre des moyens qu’il met en place pour atteindre cet objectif. 

Des règles d’hygiène s’appliquent lors de tout le processus de récolte, d’extraction, de mise en pot et de stockage. En attendant la finalisation du “Guide des bonnes pratiques d’hygiène en apiculture”, il est possible de se référer aux chapitres H et C du “Guide des bonnes pratiques apicoles”.  Ce guide contient également des précisions sur la réglementation plus stricte à suivre si vous employez du personnel. 

L’apiculteur doit présenter au consommateur un produit qui se doit d’être irréprochable, qu’il s’agisse de sa présentation, sa composition ou en termes d’hygiène.

L’acidité, la viscosité, la haute concentration en sucre et la faible activité hydrique font que le miel est peu propice au développement microbien. Cependant, les levures osmophiles se développent dans le miel s'il est trop humide et la fermentation intervient rapidement si le nombre de levures est élevé. Il faudra donc éviter un maximum les souillures et évitez. 

Votre matériel devra toujours être parfaitement propre et en bon état. Votre miellerie devra être propre, sans poussières et au sec. Elle ne devra en aucun cas être humide. 

    - L’Hydroxymethylfurfural(HMF) :

C’est un produit qui augmente avec la durée du stockage ou le chauffage du miel. Toutefois, les miels sont très inégaux concernant la vitesse d’évolution de leur teneur en HMF. L’indice diastasique permet alors de vérifier s’il y a eu stockage ou chauffage du miel. Ces analyses se mènent au laboratoire. Comme gage de qualité, la teneur en HMF n’est pas tolérée au-dessus de 40 mg par kg de miel (à l’exception du miel destiné à l’industrie). Cela correspond à un indice diastasique (échelle de Schade) inférieur à 8. Afin de prévenir le développement de HMF :

Éviter les surchauffes lors de la manipulation du miel (par exemple, lors du défigeage). 

Éviter un chauffage prolongé.

Stocker le miel en pots/seaux/fûts dans des locaux secs à température constante de 14 °C ou moins.

 Contrôle de l’humidité du miel :

La teneur en eau du nectar récolté sur les fleurs est de l’ordre de 60 à 80%. Cette substance va subir une succession de transformations par la trophallaxie et la ventilation effectuées par les abeilles, pour obtenir une teneur réduite à 16-18 % d’humidité. Puis le miel sera operculé. 

Un miel récolté sur un cadre insuffisamment operculé présente donc un taux d’humidité trop important, qui peut mettre à mal sa conservation. Ce taux d’humidité peut se contrôler grâce à un appareil appelé réfractomètre. De nombreux modèles de réfractomètres à main existent aujourd’hui. Optez pour un appareil précis, fiable, et adapté au miel.

L’analyse de l’humidité d’une goutte de miel se pratique généralement à 20 °C. Il convient également de maîtriser l’humidité de l’air ambiant dans une salle d’extraction grâce à un déshumidificateur par exemple. Le miel est extrêmement hydrophile et ne doit rentrer à aucun moment en contact avec de l’eau.

 

Indications sur la teneur en eau en fonction du type de miel :

- En général pas plus de 20 % 

- Miel de bruyère (Calluna) : pas plus de 23 % 

- Miel destiné à l’industrie : en général pas plus de 23 % 

- Miel de bruyère (Calluna) destiné à l’industrie : pas plus de 25 %

      

  Désoperculation des cadres :

L’opercule de cire qui ferme les alvéoles remplies de miel doit être enlevée pour extraire le miel des cadres : cela s’appelle la désoperculation. Ce travail s’effectue à l’aide d’un couteau à désoperculer (ou pour les grosses exploitations, à l’aide de machines).

Pour ce faire, il faut poser le cadre à la verticale et passer le couteau sur chacune de ses deux faces afin d’enlever une fine couche d’opercule. Celle-ci va alors tomber dans le bac de récolte.

 Quand votre travail est terminé, les opercules qui contiennent encore du miel sont mis à égoutter dans un tamis ou une toile de nylon. Lorsqu’ils sont bien égouttés, il sera alors possible de les presser à l’aide d’un pressoir puis fondus afin de récupérer la cire. Il est possible d’utiliser les opercules pour la fabrication d’hydromel.

Extraction, filtration et décantation :

Extraction :

Une fois les cadres récoltés puis désoperculés, il faut passer à l’extraction du miel. Cette opération s’effectue rapidement après la récolte, dans une pièce facilement nettoyable, et protégée de l’arrivée d’abeilles. 

Pour cela il faut utiliser un extracteur ou centrifugeuse en plaçant les cadres à l’intérieur. Il en existe deux types (chacun à manivelle ou motorisé) : 

l’extracteur radiaire : il utilise la force centrifuge ajoutée à la pente des alvéoles ce qui va vider simultanément les deux faces du cadre. Cet extracteur convient bien aux miels fluides. Il permet de mettre plus de cadres à la fois que dans celui-ci dit tangentiel. 

l’extracteur tangentiel : il va extraire une seule face à la fois. Il faudra alors retourner le cadre afin d’extraire la seconde face. Dans ce type d’extracteur, les rayons sont mieux soutenus ce qui limite leur risque d’être brisés. 

Quel que soit le modèle que vous utilisez, triez les cadres en fonction de leur poids et placez ceux de volume identique face à face dans l’extracteur. En effet, il faut répartir les cadres, de façon à équilibrer votre extracteur et respecter les règles de sécurité. L’extracteur doit par ailleurs être fixé solidement au sol pour éviter qu’il ne se déplace à cause des vibrations. 

Dans la centrifugeuse radiaire, placez le bas des cadres vers le centre et le haut vers la paroie de l’extracteur. 

Si vous utilisez le système tangentiel, il faut extraire en trois étapes afin d’éviter l’écrasement du rayon contre le cadre de la centrifugeuse  : 

- Extraire le miel de la première moitié de la première face 

- Extraire complètement le miel de la seconde face 

- Retourner à nouveau les cadres pour terminer la première face. 

Les petites exploitations extraient généralement, manuellement :

- Manuelle avec une lame 

- Centrifugeuse à manivelle ou pressage à froid 

- Filtration par gravité.

Les exploitations de taille plus grande mécanisent certaines ou toutes les étapes d’extraction : 

- Machine ou chaîne à désoperculer les cadres 

- Centrifugeuse motorisée

- Filtration par pompage

Après l’extraction des cadres de miel, faites attention au développement des fausses teignes. Trois possibilités s’offrent à vous :

- Replacer les hausses garnies de leurs cadres vidés sur les ruches (recommandé en cas de proximité avec le voisinage). 

- Faire piller ou lécher les cadres en extérieur par les abeilles, puis les stocker dans un endroit aéré (attention à l’agressivité que cela peut générer).

- Conserver les cadres en chambre froide.

 Décantation et filtration :

Avant de mettre votre miel en pot, vous devez procéder à la décantation et la filtration de celui-ci afin de le vider des débris qu’il comporte (cire, suie de l’enfumoir, bulles d’air…).

Dans les exploitations importantes, on utilise un bac décanteur, pour les plus petites des modèles moins volumineux existent. Pour les amateurs, une simple passoire à larges mailles retiendra les plus gros morceaux de cire.

Les bacs décanteurs sont souvent équipés d’un fond chauffant pour obtenir une bonne fluidité du miel. Il est également possible d’en trouver avec un fondoir à opercules.

La viscosité du miel va influencer directement le temps nécessaire à la décantation. Pour des volumes de 30 à 40 kg, la décantation peut durer environ 24 h, pour des volumes plus importants, elle peut atteindre jusqu’à trois jours.

Pour la filtration, il existe différents modèles :

- Les filtres tamis,

- Les passoires,

- Les filtres coniques métalliques,

- Les filtres immergés,

- Les filtres à cartouches,

- Les filtres coniques à nylon,

- Les filtres à résistance chauffante. 

Mise en pot de votre miel :

Le miel va s’écouler dans des bocaux propres et secs par la vanne de vidange du maturateur. Attention à ne pas y inclure de bulles d’air, les remplir proprement et veillez à les fermer de manière totalement hermétique.

La mise en pot est aussi une partie qu’il est possible d’automatiser, avec une machine à doser qui s’adapte à la densité de chaque miel. 

Que la mise en pot s’effectue manuellement ou de façon automatisée, chaque pot proposé à la vente doit impérativement présenter le poids affiché sur son étiquette. Il est donc fondamental de bien vérifier le fonctionnement de votre balance.

La matière des pots doit également être conforme aux règles alimentaires (plastique alimentaire, PET, verre), et le bouchon complètement étanche une fois fermé (d’où la présence de joints).

Conclusion :

La récolte du miel est l’opération la plus attendue mais également la plus difficile pour l’apiculteur. Veillez donc à respecter toutes les étapes scrupuleusement afin de prendre soin de vos abeilles, votre matériel et obtenir un miel de qualité. 

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