Le varroa est arrivé en France en 1980. Dans tous les rapports, ce parasite est cité comme un facteur majeur d'affaiblissement des colonies. Chaque apiculteur doit donc connaître parfaitement la biologie de ce parasite. 

Deux espèces de varroa existent: jacobsoni et destructor. Il existe 14 haplotypes (définis sur CO-I) de jacobsoni et 8 de destructor. Seulement l'haplotype jacobsoni Java (VJ Java) et destructor Japan (VD Japan) et Korea (VD Korea) sont présents chez Apis mellifera. VJ Java n'est que temporaire chez mellifera. VD Japan et Korea ne se reproduisent que dans le couvain de faux bourdon chez cerana. Chez mellifera, ils parasitent le couvain mais aussi les abeilles adultes. L'haplotype Korea est le plus répandu dans le monde. Dans un premier temps, nous présenterons comment reconnaître ce parasite. Nous finirons par présenter son cycle de vie chez l'abeille.


 

1. Reconnaître le varroa 

1.1 Reconnaître sa présence sans le voir

1.2 Morphologie de Varroa destructor

2. Cycle biologique du varroa

3. La kairomone attirant les varroas 

Conclusion:

 

1. Reconnaître le varroa

1.1 Reconnaître sa présence sans le voir

Les ruches présentant des varroas sont affaiblies:

- peu d'activité

- peu de production

- abeilles avec des ailes déformées

- abeilles de petite taille

 

1.2 Morphologie de Varroa destructor

 Les femelles sont visibles sur les abeilles adultes fixées sous les tergites et les sternites.  Elles ont un corps fortement sclérotisé, d'une forme elliptique aplatie, de 1170 µm sur 1700µm de large. 

Couleurs des varroas

La photo ci-dessus nous montre que la couleur passe du brun clair au brun rougeâtre suivant l'âge.

Elles ont un grand bouclier dorsal mais plusieurs plaques ventrales. Des poils sont présents sur les différentes parties du corps.
Les mâles sont très différents. Leur corps est en forme de poire et a une couleur variable du jaune clair au blanc. Il ne mesure qu'entre 750 et 930 µm de long et entre 700 et 910 µm de large. Il n'est présent que dans le couvain.

Les formes immatures sont plus petites et non sclérotinisées. Il y a différents stades: la larve, la protonymphe, la deutonymphe et l'adulte.

 2. Cycle biologique du varroa

cycle varroa

La figure suivante présente le cycle de vie du varroa.

La fondatrice se glisse 20 heures avant l'operculation chez les ouvrières et 40 heures avant chez les mâles. Ensuite, elle s'immerge dans la nourriture larvaire sans s'en nourrir. Entre 60 et 74 heures plus tard, le premier oeuf de mâle (haploïde) est pondu à un angle de la cellule sous l'opercule. La fondatrice établit une zone de nourriture (perforation à la 5ème sternite) et une zone d'accumulation fécale où auront lieu les accouplements. Les oeufs sont ensuite pondus toutes les 30 heures. 4 à 5 femelles sont pondues. Les mâles arrivent à maturité 20 heures avant la première femelle.

cycle ouvrière varroa

 

cycle faux bourdon

Comme nous pouvons le voir sur la figure, une fondatrice arrive à faire 3 nouvelles fondatrices dans du couvain d'ouvrière et 5 dans du couvain de mâles.

 

3. La kairomone attirant les varroas

Les varroas vont préférentiellement dans le couvain de mâles. Ce caractère conduit à augmenter leur fitness (nombre de descendant).

ester et varroa
Le document présenté est une courbe de la quantité d'esters produits par larve en fonction de leur âge. Nous pouvons voir que certains sont des signaux d'operculation. Il s'agit de phéromones. Il y a un pic d'ester le jour de l'operculation. D'autres esters sont des signaux pour le varroa. On parle de kairomones.

 

varroa et kairomone

Le deuxième graphique présente les différents esters. On peut voir que le couvain de faux bourdons produit plus de kairomone que le couvain d'ouvrières. Ce niveau de production différent entre les couvains conduit les varroas à infester préférentiellement le couvain de faux bourdon.

 

Conclusion:

La morphologie du varroa et son comportement reproducteur sont le résultat de la course à l'armement avec cerana. Cerana s'est adapté au varroa. Nous avons vu que le varroa a lui aussi des stratégies adaptées: camouflage dans la gelée, lieu commun de nourriture. Le changement d'hôte sur une espèce n'étant pas adaptée a été une vraie réussite pour le varroa. Il se multiplie environ 12 fois en 1 an dans les régions froides (128 jours de couvain) et 800 fois où il y a toujours du couvain. Afin de protéger nos abeilles non adaptées, nous devons trouver des stratégies. Les traitements bio sont une alternatives à court terme. Seule la multiplication des rares colonies résistantes est une solution durable.

 

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