Où et comment placer mes ruches pour mon premier essaim ?

Un rucher est un ensemble de plusieurs ruches, mais c’est aussi l’emplacement où vous aurez décidé d'installer vos essaims. Que vous soyez apiculteur professionnel ou amateur, l'installation de vos ruches nécessite de respecter certaines obligations légales mais également un minimum de précautions. Cet article a pour but de vous y aider, de faire en sorte que vos colonies se portent bien et que leur travail soit fructueux.


Choisir l’emplacement de votre rucher

    Les contraintes administratives pour l’implantation de vos colonies

L’installation d’un rucher nécessite de la part de l’apiculteur de répondre aux exigences légales. Par exemple, vous devez déclarer votre activité auprès de votre assurance, car vous êtes responsable des éventuels dégâts causés par vos abeilles. Il vous appartient également d’afficher un panneau visible avec votre numéro NAPI à l’entrée de votre rucher.

Voici quelques extraits de la législation :

=> Code rural et de la pêche maritime :

Art. L. 211-6. - Les préfets déterminent, après avis des conseils généraux, la distance à observer entre les ruches d'abeilles et les propriétés voisines ou la voie publique, sans préjudice de l'action en réparation, s'il y a lieu.

Art. L. 211-7. - Les maires prescrivent aux propriétaires de ruches, toutes les mesures qui peuvent assurer la sécurité des personnes, des animaux, et aussi la préservation des récoltes et des fruits. A défaut de l'arrêté préfectoral prévu par l'article L. 211-6, les maires déterminent à quelle distance des habitations, des routes, des voies publiques, les ruchers découverts doivent être établis. Toutefois, ne sont assujetties à aucune prescription de distance les ruches isolées des propriétés voisines ou des chemins publics par un mur, une palissade en planches jointes, une haie vive ou sèche, sans solution de continuité.


=> Arrêté préfectoral de l’Essonne :

Art. 1 : Les ruches peuplées ne doivent pas être placées à moins de 20 mètres de la voie publique et des propriétés voisines. Dans le cas où les propriétés voisines sont des bois, des landes et des friches cette distance est de 10 mètres au moins. Elle est de 100 mètres au moins si les propriétés voisines sont des habitations à caractères collectif (hôpitaux, casernes, écoles…).

Art. 2 : Toutefois des dispositions spéciales d’emplacement peuvent être prises par le préfet, sur demande motivée de l’intéressé. La demande fait l’objet d’une enquête de la part du directeur des services vétérinaires qui est en charge de concilier les parties. Il peut en effet se faire assister de personnalités désignées par le préfet. A défaut d’une solution de conciliation, le directeur des services vétérinaires présente des propositions au préfet.

Art. 3 : Conformément aux dispositions des deux derniers alinéa l’article L211-7 du code rural, ne sont assujetties à aucune prescriptions de distance, les ruches isolées des propriétés voisines ou des chemins publics par un mur, une palissade en planches jointes, une haie vive ou sèche, sans solution de continuité. Ces clôtures doivent avoir une hauteur de 2 mètres au-dessus du niveau du sol et s’étendre sur au moins deux mètres de chaque côté de la ruche.


    Le meilleur emplacement pour vos essaims


Pour une exposition idéale, placez votre rucher au sud ou sud-est, cela assurera à vos ruches un ensoleillement important dès le matin. Les environnements trop ombragés, dans des courants d’air ou du brouillard ainsi que les endroits humides seront défavorables à la bonne santé et au travail des abeilles. Des essaims en plein soleil sur un sol chaud préfèreront aller chercher de l’eau plutôt que de butiner. Attention aux vents dominants qui peuvent refroidir et endommager vos colonies.

L’accès facilité à une source d’eau proche (dans un rayon de moins de 100 mètres idéalement) et saine durant toute la saison est fondamental pour un rucher. Cette source doit offrir suffisamment d’objets flottants pour permettre aux butineuses de ne pas se noyer (mettre par exemple un abreuvoir à poules et 1g/L de sel). A défaut de source proche et saine, ou pour éviter que vos essaims dérangent le voisinage, apportez un grand récipient équipé de flotteurs (bois, plantes aquatiques, liège, etc.). Placez-le à l’ombre pour limiter l’évaporation. Une colonie consomme environ 50 litres d’eau pendant la belle saison. N'oubliez pas de recouvrir les piscines hors usages afin que les abeilles n'en boivent pas l’eau.


    Précautions à prendre lors de l’implantation de vos ruches


Il est également important de prendre vos dispositions afin que l'installation de vos essaims ne gêne pas votre voisinage. Pour cela, le nombre de colonies que vous installez doit tenir compte de la distance avec vos plus proches voisins ainsi que de la morphologie du terrain. Des piqûres peuvent en effet survenir bien au-delà des distances réglementaires, à l’occasion de certaines situations particulières (visite ou récolte de colonies, temps orageux, dérangement par le frelon asiatique, renversement d’une ruche par le vent ou un animal, etc.). Il peut être par exemple problématique d’installer un rucher à proximité d’une école ou d’un endroit très fréquenté surtout s'il se situe dans le couloir de passage des abeilles pour rentrer dans la ruche. Par précaution, munissez-vous toujours d’une trousse de secours complète lors de vos visites. Evitez également de placer vos ruches à proximité d’un parking, les abeilles peuvent déféquer sur les voitures.

Evitez de positionner vos ruches dans des endroits trop visibles ou proches de chemins fréquentés par des promeneurs. Ceci pour des raisons de sécurité mais également car il n’est pas rare que des ruches soient volées, ou vandalisées.

Si vous posez vos ruches sur un toit, avertissez les ramoneurs et les techniciens de maintenance de la présence de ruches.

Les abeilles ont besoin de tranquillité. Moins elles sont dérangées plus elles seront calmes. Réservez les plus gros travaux en hiver, lorsque cela dérangera le moins vos abeilles, et lorsque vous aurez plus de temps (abattage d’arbre, modification du terrain, etc.).

Si c’est possible, disposez vos ruches de façon à orienter les trous de vol vers l’intérieur de votre propriété. Vous pouvez également dissimuler votre rucher avec une haie, un mur ou tout autre obstacle. Vous devez pouvoir accéder facilement à vos colonies et ne pas couper les lignes de vol des abeilles. Il est donc indispensable de couper les branches gênantes, les buissons trop volumineux… Faites de la place afin de travailler sereinement et en toute sécurité.

     La flore autour du rucher


Pour produire le miel, les abeilles domestiques ont besoin de butiner des fleurs, des arbres et des plantes qui contiennent le nectar, le miellat, la propolis et bien sûr le pollen. C’est ce que l’on appelle les plantes mellifères.

Ces plantes fleurissent tout au long de l’année. Les abeilles peuvent donc, en théorie, trouver de la nourriture à chaque saison.

Toutefois, si certains emplacements conviennent toute l’année, d’autres sont propices seulement à certaines périodes . Les floraisons d’adventices (couramment appelées “mauvaises herbes”)  et certaines cultures mellifères (telles que le sainfoin) ont aujourd’hui disparu. Ainsi, afin d’augmenter et rentabiliser la production de miel, l’apiculteur va devoir suivre les floraisons en fonction de la saison, qui se succèdent rarement au même endroit. Il devra alors déplacer ses ruches dans d’autres zones, pour d’autres miellées et pour que les colonies puissent survivre. C’est ce que l’on appelle la “transhumance”.

En règle générale, vos essaims butinent sur un rayon de 1 à 10 km autour de leur rucher. L’hiver, les abeilles vont butiner sur un petit rayon (800m) et l’été si la ressources est rare, elles peuvent aller jusqu’à 10 km. Il est donc primordial que la flore autour de vos ruches soit abondante et diversifiée afin qu’elles y trouvent ce qui leur est nécessaire. On estime qu’une abeille butine environ 700 fleurs par jour.

Il faut veiller à ce que des réserves nutritives se trouvent à moins de 5 km de votre rucher. Attention aux monocultures qui seront certainement pulvérisées de pesticides et qui constituent des ressources discontinues.


Exemples de plantes mellifères en fonction des saisons :
    - Début d’hiver : Noisetier commun - Bruyères d’hiver - Chèvrefeuille d’hiver - Violette odorante - Perce-neige - Crocus
    - Fin d’hiver : Saule marsault - Hellébores
    - Début de printemps : Abricotier - Pommier - Merisier - Cerisier - Ails des ours - Anémone Sylvie - Muscaris
    - Fin de printemps : Erable Sycomore - Aubépine - Robinier faux - Acacia - Romarin - Genêt - Scabieuse - Bourrache - Pissenlit
    - Début d’été : Tilleul (attention pas le tilleul argenté) - Bourdaine - Sapin - Châtaignier - Framboisier - Lavandes - Ronciers - Menthe - Marjolaine - Cirses - Valériane
    - Fin d’été : Arbre à miel - Sophora du Japon - Aster - Orpin - Sédum - Cosmo - Eupatoire
    - Début d’automne : Arbousier - Crocus d’automne
    - Fin d’automne : Néflier du japon - Mahonia - Chrysanthème à grandes fleurs

Certains végétaux fournissent à la fois du nectar, du pollen et du miellat comme le châtaignier, le pommier, le poirier, le merisier ou encore le tilleul. Pratiques pour les abeilles !

Attention certaines plantes mellifères sont toxiques pour les abeilles comme le Tilleul argenté. Le mélèze quant à lui cristallise très vite le miellat  mais n’est pas toxique pour elles.

    Comment trouver un rucher


Afin de trouver un emplacement dans une zone adaptée à l’apiculture, l’apiculteur peut s’adresser aux : collectivités (mairies, communautés de communes, etc.), structures publiques (ONF, SNCF), entreprises ou particuliers (agriculteurs, propriétaires terriens, etc.).

Comment organiser les ruches dans son rucher


    La bonne organisation du rucher pour l’apiculteur


Posez vos ruches sur un sol dégagé, de préférence en hauteur pour limiter les efforts imposés à votre dos. Vous pouvez utiliser des dalles, palettes ce qui à l'avantage également de stabiliser les ruches. Préférez un support bien aéré et solide.

Privilégiez un emplacement qui vous permette un accès facile au rucher. L'idéal est de pouvoir y accéder en voiture afin d’éviter le transport de charges lourdes. 

Evitez les sols humides et les zones inondables impraticables à certains moments et mauvais pour la santé des abeilles.


    La bonne organisation du rucher pour les abeilles


N'oubliez pas de tondre l’herbe, les ronces, fougères, etc. qui peuvent constituer des obstacles à l’entrée des ruches. Effectuez également un petit élagage des branches qui gênent ou risquent de tomber sur les ruches en cas de vent.

Il est préférable que les ruches soient légèrement inclinées vers l’avant pour éviter que l’humidité ne stagne à l'intérieur. Cependant, cela n’est pas toujours facilement conciliable avec d’autres contraintes.

L’orientation des abeilles n’est pas infaillible. Il arrive qu’une abeille rentre dans une autre ruche que la sienne. Ce phénomène, appelé la "dérive", va affecter les ruches qui sont positionnées de façon trop symétrique et monotone, n'offrant pas suffisamment de point de repère pour les essaims d’abeilles.

La dérive peut avoir de graves conséquences :
 - c'est un facteur de propagation de toutes les maladies contagieuses d'une ruche à l'autre, 
 - elle peut mener à la diminution du rendement total de la production de miel du rucher,
 - elle risque de fausser la récolte en miel des colonies.

Le risque de dérive est considérablement réduit si vous positionnez vos ruches selon une "formation en V" (près d'un brise-vent), ou selon une "formation en U" ou sigmoïde. Vous pouvez également constituer des blocs de quatre ruches dont chaque entrée est orientée sur une face différente (proches ou éloignés d'un brise-vent), ou les disposer en cercle (loin d'un brise-vent).

Positionner les ruches par quatre présente aussi un avantage pour votre confort de travail car ce positionnement vous va vous permettre, lors de l'ouverture d'une ruche, de poser vos accessoires sur le toit de celle d'à côté.

Il est également possible de prévenir la dérive en peignant les ruches (sauf la planche d'envol). En effet, les abeilles ouvrières sont capables d'apprendre la couleur de leur ruche à proximité immédiate de l'entrée de celle-ci. Attention toutefois, elles ne distinguent pas le rouge et apprendraient plus difficilement les combinaisons de couleurs.

Des travaux de recherche ont montré que la dérive peut-être diminuée dans les ruchers constitués de rangées de ruches selon l'une ou plusieurs des conditions suivantes :
1- Espacement des ruches d’au moins 9 mètres (au minimum 2m)
2- Espacement des rangées d’au moins 18 mètres (au minimum 3m)
3- Positionner les entrées des ruches dans des directions différentes
4- En plaçant des planches colorées au-dessus des entrées
5- Par combinaison des points 3 et 4 


Conclusion:

Vous l’aurez compris, avant d’installer vos ruches, il est important de se renseigner et de respecter certaines règles afin que les abeilles et vous puissiez travaillez en toute sécurité et sérénité. Il est également conseillé de suivre une formation afin de mettre tous les atouts de votre côté.

- Renseignez-vous sur la législation locale : contactez votre préfecture ou votre mairie afin de connaître les distances à respecter entre la voie publique, le rucher et les propriétés voisines. 
- Avoir un rucher exposé sud-sud est.
- Mettre vos ruches par palette de quatre avec des entrées sur chaque face.
- L'accès au rucher doit être facile.
- Si vous êtes amateur, pensez à vous former afin d’acquérir rapidement les bases de l’apiculture. L’expérience fera le reste !

Pour aller plus loin consulter les articles:

Le thymol: un traitement Bio contre le varroa

L'acide formique: un traitement Bio contre le varroa

L'acide oxalique: un traitement Bio contre le varroa

Comment nourrir ses colonies en de fin saison?

Construire un chasse abeilles pour la récolte du miel

Recette du candi pour nourrir ses abeilles l'hiver


 

Il y a 8 produits.

Affichage 1-8 de 8 article(s)