Une ruche pour sensibiliser à la biodiversité : ce que montre une étude japonaise

Une ruche installée dans une école, une entreprise ou un quartier n'augmente pas à elle seule la biodiversité. En revanche, accompagnée d'animations, elle peut éveiller durablement l'intérêt pour la nature : c'est ce que montre une expérience japonaise publiée en 2011. Voici ce que dit cette étude, ce qu'elle ne dit pas, et pourquoi nous associons toujours nos ruches à des actions de sensibilisation.

L'étude japonaise : cinq séances autour des ruches

Yamada, Sone et Furuya (2011) ont étudié des projets d'apiculture urbaine au Japon et un programme pédagogique de cinq séances destiné à des enfants : observation des ruches, découverte des plantes butinées autour du rucher et dégustation de miel. Les effets ont été évalués à partir des réponses de 27 parents, avant et après le programme.

Indicateur déclaré par les parentsAvantAprès
La nature revient souvent ou parfois dans les conversations52 % (14/27)85 % (23/27)
L'enfant manifeste un intérêt ou un fort intérêt pour la nature63 % (17/27)93 % (25/27)
Le parent connaît ou a déjà entendu le mot « biodiversité »22 % (6/27)85 % (23/27)

Pourcentages arrondis, calculés à partir des effectifs publiés. Avoir entendu le mot « biodiversité » ne signifie pas forcément en comprendre le sens.

Ce que l'on peut en retenir

  • Un programme d'animations autour des abeilles peut faire entrer la nature dans les conversations familiales et renforcer l'intérêt des enfants.
  • L'effet touche aussi les parents : la ruche devient un point de départ pour sensibiliser tout un entourage, au-delà des participants.

Les limites de l'étude

L'échantillon est petit (27 familles), les résultats reposent sur des déclarations de parents, il n'y a ni groupe témoin ni suivi à long terme. L'étude ne démontre pas une hausse de la biodiversité, ni un effet de la simple installation d'une ruche sans animations. C'est bien l'accompagnement pédagogique qui fait la différence.

Pourquoi sensibiliser ?

Dans plusieurs populations d'insectes étudiées, les déclins atteignent environ 1 à 2 % par an, avec une ampleur qui varie selon les espèces et les territoires. Attention à la formule « 2 % de la biodiversité disparaît chaque année » : elle confond baisse du nombre d'insectes et disparition des espèces. Lire notre article : déclin des insectes, ce que disent vraiment les chiffres.

Ce que cela change pour un projet de ruches en entreprise

Installer des abeilles domestiques ne compense pas le déclin des insectes sauvages. L'intérêt d'un rucher en entreprise, en collectivité ou en copropriété est ailleurs : faire de la ruche un support de sensibilisation pour vos collaborateurs, vos usagers et leurs familles. C'est pourquoi nos projets associent les ruches à des animations : ouverture de ruche, découverte des plantes butinées, dégustation, gestes concrets pour les pollinisateurs.

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Sources

  • Yamada, Sone et Furuya (2011), étude sur l'apiculture urbaine et un programme pédagogique autour des ruches, J-STAGE (Japon).
  • Wagner D. L. et al. (2021), Insect decline in the Anthropocene: Death by a thousand cuts, PNAS.
  • van Klink R. et al. (2020), Meta-analysis reveals declines in terrestrial but increases in freshwater insect abundances, Science.
  • Hallmann C. A. et al. (2017), More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas, PLOS ONE.

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