Élever des reines

Chez Apihappy, nous greffons plus de 1600 reines par semaine. Nous pratiquons le greffage à sec (sans ajout de gelée royale dans la cupule), sauf en période de canicule où nous adaptons la méthode pour protéger les larves de la chaleur. Le taux de réussite du greffage suit une courbe en cloche au fil de la saison : il démarre autour de 30 % en mars et atteint jusqu’à 80 % en juin. Cet article détaille pourquoi élever ses reines, le principe du starter et du finisseur, et les méthodes existantes — de la division simple au greffage (méthode Doolittle), en passant par la méthode Miller.

Pourquoi élever ses propres reines ?

L’élevage permet de remplacer les pertes hivernales et de renouveler ses reines pour maximiser la productivité : une jeune reine pond mieux et sa colonie essaime moins qu’avec une reine de plus d’un an.

Le remplacement naturel d’une reine, par essaimage ou remérage, affaiblit toujours la colonie : la nouvelle reine doit être fécondée avant de reprendre la ponte, et durant ce laps de temps la colonie reste fragile et peu productive. Le vol nuptial reste par ailleurs un moment hasardeux : la reine peut ne pas revenir à la ruche. Élever ses propres reines permet de maîtriser ce calendrier et de sécuriser le renouvellement du cheptel.

Qu’est-ce que le greffage (méthode Doolittle) ?

Le greffage, ou « picking », consiste à prélever des larves de 3 jours maximum à l’aide d’un outil spécifique et à les déposer dans les cupules d’un cadre d’élevage, introduit dans une colonie starter puis dans un finisseur.

Le starter est une ruchette de jeunes abeilles sans reine ni couvain : cette situation d’urgence les pousse à construire des cellules royales autour des larves greffées. Après trois jours, le cadre d’élevage bascule dans le finisseur, qui amène les cellules à maturité. De nombreux éleveurs, dont nous-mêmes, utilisent un montage starter-finisseur combiné (type Harry Cloake) pour éviter de déplacer le cadre. Les cellules royales sont récoltées 10 à 11 jours après le greffage, puis mises en couveuse à 34 °C ou introduites directement dans une colonie.

Greffage à sec ou greffage humide : quelle différence ?

Nous pratiquons le greffage à sec (sans gelée royale ajoutée dans la cupule) toute la saison. En cas de canicule, nous ajoutons de la gelée royale pour protéger les larves de la dessiccation.

Le greffage humide consiste à déposer un peu de gelée royale au fond de la cupule avant d’y placer la larve, pour limiter son stress lors du transfert. En conditions normales, l’avantage de cette méthode reste incertain par rapport au greffage à sec ; c’est surtout lors de fortes chaleurs, quand les larves se dessèchent plus vite, qu’elle devient utile.

Quel est le taux de réussite du greffage au fil de la saison ?

Avec plus de 1600 reines greffées chaque semaine, notre taux de réussite suit une courbe en cloche au cours de la saison : environ 30 % en mars, progressant jusqu’à 80 % en juin.

Cette progression suit la force des colonies : en mai-juin, les ruches sont les plus populeuses, avec davantage de jeunes abeilles nourricières disponibles pour le starter et le finisseur, et des conditions météo plus stables. C’est pour cela que l’intervention est idéalement réalisée entre mai et juin, en milieu de journée par météo clémente, lorsque les butineuses sont sorties et que ne restent que les jeunes abeilles les plus aptes à démarrer l’élevage.

Quelles autres méthodes d’élevage existent ?

Outre le greffage (méthode Doolittle), la méthode par division simple demande peu de matériel et convient aux débutants, tandis que la méthode Miller repose sur des bandes de cire gaufrée pour faire construire des ébauches de cellules royales par les abeilles elles-mêmes.

La division simple consiste à prélever une colonie forte (5 à 6 cadres de couvain, pollen et miel en quantité) pour créer un nouvel essaim qui élèvera sa propre reine : c’est la méthode la plus accessible, mais aussi la moins prévisible en volume. Le greffage, à l’inverse, permet un élevage intensif avec un rendement plus prévisible, au prix d’un matériel spécifique et d’une vraie maîtrise technique.

Tableau comparatif — caractéristiques

Caractéristique Détail
Volume de greffage +1600 reines greffées par semaine
Méthode de greffage À sec (gelée royale ajoutée uniquement en cas de canicule)
Âge de la larve greffée 3 jours maximum
Taux de réussite en mars ~30 %
Taux de réussite en juin ~80 %
Période optimale d’intervention Mai à juin, en milieu de journée
Récolte des cellules royales 10 à 11 jours après le greffage
Autres méthodes disponibles Division simple, méthode Miller

FAQ

Combien de reines Apihappy greffe-t-il ?
Plus de 1600 reines par semaine en saison.

Qu’est-ce que le greffage à sec ?
C’est un greffage sans gelée royale ajoutée dans la cupule ; nous n’en ajoutons qu’en cas de canicule, pour protéger les larves.

Pourquoi le taux de réussite du greffage varie-t-il selon la saison ?
Parce que la force des colonies varie : elles sont les plus populeuses en mai-juin, ce qui améliore nettement l’acceptation des cellules royales.

Quel est le meilleur moment pour greffer des reines ?
Entre mai et juin, en milieu de journée par météo clémente, quand les colonies sont au plus fort.

Quelle est la différence entre le starter et le finisseur ?
Le starter amorce l’acceptation du greffage et le début de construction des cellules royales ; le finisseur prend ensuite le relais pour amener ces cellules à maturité.

Pour en savoir plus :

Comment marquer une reine ?

Comment s’entraîner à trouver une reine ?

Comment clipper une reine ?

Changer une vieille reine.

Comment introduire une reine ?

Acheter des reines vierges.

Comment améliorer ses ruches de production ?

Comment avoir des reines inséminées Buckfast?

Comment avoir des reines de qualité ?

Acheter des cellules royales.

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