Élever des reines

Méthode simple par division


C’est une méthode très simple qui demande peu de matériel spécifique.

L’élevage devient vite une nécessité pour un apiculteur qui veut compenser les pertes hivernales ou qui souhaite améliorer la résistance de ses abeilles. Cette pratique peut intimider de prime abord, mais dans cette fiche nous verrons qu’il est possible de pratiquer un élevage avec des moyens limités sans nécessairement de grandes connaissances. Pour les apiculteurs ayant plus de ressources, on peut améliorer grandement la qualité de ses abeilles avec des méthodes plus avancées. Avec des efforts, on peut obtenir des abeilles en meilleure santé via l’élevage de reines.

Pourquoi pratiquer l’élevage ?

Chaque année, l’apiculteur perd une partie non-négligeable de ses colonies d’abeilles et doit reconstituer son cheptel apicole. Comme on l’a vu précédemment, la reine fixe grâce à son patrimoine génétique les caractéristiques de la colonie. Ainsi, la qualité de chaque abeille de la colonie découle de la qualité de la reine.
L’élevage de reines permet de renouveler la population de ses ruches à moindre coût tout en sélectionnant de bonnes abeilles. Si cette pratique de plus en plus courante reste accessoire pour un apiculteur amateur, elle devient cruciale pour les professionnels du fait des pertes de colonies de plus en plus fréquentes. On estime que suivant les régions et les saisons, entre 30 et 50 % des ruches ne survivent pas à l’hivernage. L’élevage permet d’anticiper ces remplacements.
Enfin, si une reine de l’année pond entre 2 000 et 3 000 œufs par jour, ce chiffre avoisine les 1 800 œufs par jour pour une reine de plus d’un an. La tendance à l’essaimage est aussi plus importante chez les reines plus âgées. Garder de très jeunes reines dans ses colonies est un gage de productivité des ruches dans une optique commerciale.

L’élevage de reines revêt également de nombreux avantages pratiques. Le remplacement naturel d’une reine, que ce soit par essaimage ou par remérage affaibli considérablement la colonie.
Dans le cas de l’essaimage, la population de la ruche est divisée en deux. Certes, vous avez maintenant un nouvel essaim si vous avez su canaliser l’essaimage, mais la nouvelle reine doit encore être fécondée et ne reprendra pas immédiatement la ponte. Durant ce laps de temps, la colonie reste fragile et ne produira que très peu. Dans le cas d’un remérage naturel on a le même temps de latence entre le décès de la reine et l’arrivée à maturité de la reine suivante.
Pour chacune de ces méthodes naturelles, le vol nuptial de la reine reste un moment très hasardeux. La reine peut ne pas retrouver le chemin de sa ruche ou tout bêtement se faire manger par un prédateur. Ainsi entre 15 et 30 % des reines meurent durant le vol nuptial.

L’élevage des reines permet de remplacer très rapidement une reine décédée et de limiter ainsi la casse. L’élevage de reines fécondées annule le risque de perdre une reine durant le vol nuptial.

On peut également pratiquer une sélection entre les essaims par l’élevage. En sélectionnant les reines qui se sont mieux adaptées à l’environnement, sont plus douces, tiennent au cadre ou sont plus économes, on aide à la survie de la population d’abeilles. Vous pourrez trouver une fiche plus détaillée sur le sujet.

Méthodes existantes

Starter et finisseur :

Vous trouverez dans toutes les méthodes d’élevage des références au « starter » et au « finisseur ».
Il existe plusieurs façons de faire un finisseur ou un starter mais voici le principe :
Le starter a pour objectif de faire accepter le greffage d’une larve c’est-à-dire de faire que les abeilles commencent à construire une cellule royale.
Classiquement pour un starter on enferme de jeunes abeilles sans reine et sans couvain dans une ruchette. Cette situation désespérée (elles ne savent pas que vous veillez) les pousse à créer de toute urgence une reine en commençant autour du greffage de l’apiculteur une cellule royale et en la remplissant de gelée royale.

Le finisseur :

Le finisseur a lui pour but de prendre soin de la cellule royale pour l’amener au terme de son développement. On peut retirer les Cellules royales dès leur operculation pour achever leur maturation en couveuse et accélérer encore le processus. Ces ruches spécialement organisées sont peuplées avec une forte colonie. Elles fournissent, jour après jour des nourrices.

L'élevage des reines est le processus par lequel les apiculteurs font naître des reines à partir de jeunes larves d'abeilles ouvrières fécondées à partir de ruches-souches de qualité. Idéalement, cette pratique permet d'éviter les ruptures de ponte, mais aussi d’obtenir des reines de meilleure qualité que celles obtenues par remérage naturel.
Il existe de nombreuses méthodes d’élevage de reines, mais elles ont un certain nombre de points communs :
l’élevage se fait quand la colonie est la plus populeuse, généralement entre mai et juin.
Les colonies utilisées pour l’élevage doivent être en bonne santé, disposer de nourriture en quantité.

On peut les distinguer en fonction de la quantité de reines produites et de la complexité de leur mise en œuvre. Vous trouverez ci-après quatre méthodes d’élevage classées par difficulté croissante.
re situé à plus de 3 Km du premier est nécessaire.
Tout d’abord, vous devez sélectionner votre « meilleure » ruche, car c’est de cette souche que naîtra votre nouvel essaim. Cette colonie doit avoir cinq ou six cadres de couvain récent, du pollen et du miel en quantité. La veille de l’intervention, nourrissez la ruche de sirop afin de la stimuler.
Votre intervention doit se faire entre mai et juin, quand vos ruches sont les plus populeuses, en milieu de journée quand la météo est clémente. Pourquoi à ce moment-là ? Votre nouvel essaim doit créer une nouvelle reine et renouveler sa population rapidement. En milieu de journée, les butineuses seront pour la plupart parties ne laissant que les plus jeunes abeilles dans la ruche. Une journée douce est à privilégier pour ne pas trop rafraîchir la ruche par votre intervention.
Munissez-vous d’une ruchette traitée à l’huile de lin (cette odeur plaît aux abeilles) et placez-la à côté de la ruche souche. Après avoir trouvé la reine de la ruche souche et l’avoir encagée pour vous assurer qu’elle ne serait pas blessée par la suite, vous pouvez remplir la ruchette avec les cadres de la ruche souche.
La ruchette doit contenir :
-Deux cadres de couvain récent
-Un cadre de couvain operculé
-Un cadre de miel operculé
-Un cadre riche en pollen

Pendant le transvasement des cadres vous ne devez pas secouer les abeilles dans la ruche souche, car entre un et deux kilos d’abeilles doivent se trouver dans la ruchette pour l’aider à démarrer. La ruche souche doit être remplie à nouveau. Vous pouvez la compléter avec des partitions, des cadres construits et de feuilles de cire. Ainsi, elle reprendra la construction de cadres sans pour autant se refroidir excessivement.
Placez ensuite un nourrisseur sur la ruche souche et sur la ruchette pour stimuler leur croissance. Pour éviter que les abeilles de la ruchette ne retournent dans la ruche souche, vous devez déplacer la ruchette dans un rucher secondaire distant d’au moins 3 kilomètres.
Isolées les abeilles de la ruchette vont faire naître une nouvelle reine. Après 4 jours, vous pourrez ramener la ruchette dans le rucher originel.
Encore 5 jours plus tard, vous pourrez visiter cette ruche pour vérifier qu’il y a bien des cellules royales sur les cadres. Attention à vos manipulations. Les cellules sont fragiles.
Enfin, vous devrez visiter votre ruchette 26 jours plus tard pour vérifier que votre division a fonctionné. Pourquoi 26 jours ? Après la séparation de l’essaim, les abeilles vont prendre un œuf et en faire une reine. 11 jours plus tard naît une reine. Si la météo est propice, 5 jours plus tard elle fera son vol nuptial. Ses premières pontes interviendront. C’est le lendemain, soit 26 jours après que vous pourrez visiter la ruche à la recherche d’une ponte fraiche. Après la séparation de l’essaim, les abeilles vont prendre un œuf et en faire une reine. Il ne vous reste qu’à la retrouver et à la marquer à la couleur de l’année.
Après quelques semaines, à mesure que l’essaim s’étoffe, vous pourrez le transvaser dans une ruche.

Bilan :

Les avantages de cette méthode sont principalement la simplicité de sa mise en place et le peu de matériel nécessaire.
Du côté des désavantages, il est nécessaire d’avoir un rucher secondaire. Cette méthode ne permet qu’une production faible de reines et les colonies ainsi divisées sont affaiblies pour la suite de la saison. Il faudra en effet 7 semaines entre la division et la première ponte de la nouvelle colonie. Enfin, comme les habitantes de la ruchette ne réalisent pas immédiatement l’absence de la reine, l’œuf qu’elles vont sélectionner pour élever une nouvelle reine sera relativement vieux et produira une reine d’une qualité moindre.

Méthode Miller

La méthode Miller joue sur le comportement de construction des cellules royales afin d’avoir une production de cellules royales plus importantes. Cette technique est idéale si vous souhaitez renouveler les reines de plusieurs colonies vieillissantes.
Prenez un cadre construit et découpez en la cire afin qu’elle forme quatre V pointant vers le bas. Les abeilles ont tendance à construire les cellules royales sur le bord des cadres. Ces triangles multiplient la longueur de « bord » et favorisent la construction de cellules royales. Introduisez ce cadre au centre de votre meilleure ruche. Vous pouvez faire couler un peu de sirop sur le cadre pour favoriser son acceptation par la colonie. Trois jours plus tard, ce cadre devrait être rempli de couvain frais. Il est temps alors d’introduire ce cadre dans un starter (voir ci-contre).

10 jours plus tard, vous pourrez constater la présence de nombreuses cellules royales et les récolter en les découpant sur le cadre et en les introduisant dans les colonies à rémérer.
Attention, les cellules sont extrêmement sensibles aux chocs et aux écarts de température. Il est conseillé de transporter les cellules royales dans une boîte en polystyrène préalablement chauffée.
Il est possible que les abeilles cherchent à attaquer la cellule royale fraîchement introduite. Une technique simple pour les protéger consiste à les entourer d’aluminium en laissant bien dépasser le bout de la cellule pour laisser la reine sortir.


Bilan :Cette méthode présente l’avantage de produire plus de reines en ne mobilisant que quelques colonies (la donneuse et un finisseur)
Le principal inconvénient est que la production de cellules est assez difficile à quantifier et on peut donc se retrouver avec trop ou trop peu de cellules royales. Enfin, la manipulation des cellules royales à peine operculées est un exercice périlleux. Un choc et vous risquez de perdre les fruits de votre travail.

Méthode Doolittle

Cette méthode est la plus couramment utilisée par les éleveurs de reines. Elle demande une certaine maîtrise technique et un matériel spécifique.Afin de maximiser la qualité des reines, la méthode Doolittle ou méthode du picking on fabrique un cadre spécial appelé cadre d’élevage.

Sur ce cadre, sont fixées l’ouverture vers le bas des sortes de petits bols qu’on appelle cupules. Le cadre d’élevage possède également un emplacement où placer un nourrissement liquide. Ce cadre devra être introduit dans la ruche éleveuse plusieurs jours avant le picking pour que la ruche s’habitue à ce nouvel élément.

Le picking consiste à aller chercher à l’aide d’un outil spécifique (astucieusement appelé picking) des larves vieilles d’au maximum 3 jours. Le choix de la ruche donneuse est très important. Ces larves sont déposées avec leur gelée protectrice au fond des cupules. Il est possible d’y ajouter de la gelée royale, mais les avantages de cette méthode sont incertains. L’âge de la larve, la qualité des éleveuses et de la souche utilisée sont ce qui détermine la vitalité de la reine à naître. Dès la fin du picking le cadre d’élevage est introduit dans le starter avec un nourrissement sur le dessus du cadre et dans le nourrisseur.
Attention, si une seule cellule royale est présente dans le starter au moment de l’introduction du cadre d’élevage, aucune cellule ne sera acceptée.

Après trois jours, les abeilles du starter auront initié la construction des cellules royales. On peut basculer le cadre d’élevage dans le finisseur. À ce stade de développement de la cellule royale, il serait dangereux de déplacer à nouveau le cadre d’élevage.
Pour cette raison, de nombreux éleveurs optent pour des montages qui font que le starter et le finisseur ne sont qu’une seule et même ruche. Le principe du starter-finisseur Harry Cloake est le plus utilisé.
10 ou 11 jours après le greffage, les cellules royales peuvent être récoltées. À ce stade, deux solutions s’offrent à l’apiculteur.
Soit on récupère les cadres pour placer ensuite (et toujours très délicatement) les reines dans une couveuse à 34°C où elles finiront leur maturation. Soit elles peuvent être introduites au milieu du couvain d’une nouvelle colonie. En suivant les mêmes précautions que pour la méthode Miller.

Bilan : Cette méthode permet un élevage intensif de reines avec un rendement plus prévisible qu’avec les autres méthodes. Toutefois, l’efficacité de cette technique dépend du respect scrupuleux du calendrier, de la bonne santé des colonies éleveuses (starter et finisseur) et de la qualité du picking.
La quantité de matériel nécessaire et la maîtrise technique que suppose cette méthode sont ses principaux défauts.
 

Pour en savoir plus :

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